Impact et RSE

Empreinte carbone d'un équipement informatique

Pourquoi la fabrication pèse le plus lourd, ce que représente l'impact d'un ordinateur, et comment l'allongement de la durée de vie change la donne.

Mis à jour le 1 juin 20269 min de lecture

L'empreinte carbone du numérique

Le numérique représente environ 4,4 % de l'empreinte carbone de la France, soit près de 29,5 millions de tonnes de CO2e (ADEME-Arcep, données 2022). Loin de l'image d'un secteur « immatériel », il a un impact physique bien réel, en croissance avec la multiplication des équipements et des usages.

Au sein de cette empreinte, les terminaux (ordinateurs, smartphones, écrans) pèsent davantage que les réseaux ou les centres de données. Et au sein du cycle de vie d'un terminal, c'est la fabrication qui domine, loin devant la consommation électrique d'usage.

La fabrication, le poste qui pèse le plus

La donnée la plus structurante est celle-ci : la fabrication concentre environ 60 % de l'empreinte carbone du numérique. Extraire les matières, produire les composants, assembler et transporter un équipement mobilise énormément d'énergie et de ressources, bien avant qu'il ne soit branché.

Cette concentration de l'impact en amont a une conséquence majeure : la meilleure façon de réduire l'empreinte d'un équipement n'est pas d'optimiser sa consommation d'usage, mais d'éviter d'en fabriquer un nouveau. Autrement dit, prolonger l'usage et réemployer pèsent bien plus que n'importe quel gain d'efficacité énergétique.

L'usage compte aussi, mais moins

La consommation électrique d'usage n'est pas nulle, mais elle pèse bien moins que la fabrication dans le bilan d'un terminal. En France, un mix électrique relativement décarboné réduit encore la part de l'usage dans l'empreinte carbone des équipements.

Cela ne dispense pas des écogestes (extinction, veille, sobriété), mais cela hiérarchise les priorités : éteindre ses appareils est utile, prolonger leur durée de vie et privilégier le réemploi l'est bien davantage. Concentrer les efforts sur la fabrication évitée, c'est agir sur le poste qui pèse réellement.

L'empreinte d'un ordinateur

Ramenée à un appareil, l'empreinte de fabrication devient tangible.

156 kg

De CO2e pour fabriquer un ordinateur portable neuf.

ADEME

127 kg

De matières premières évitées par PC reconditionné plutôt que neuf.

ADEME

1,5 t

D'eau mobilisée pour la fabrication d'un ordinateur.

ADEME

Un ordinateur portable neuf représente ainsi environ 156 kg de CO2e à la fabrication, près de 1,5 tonne d'eau mobilisée, et de nombreuses matières premières dont certaines rares. Ces ordres de grandeur, publiés par l'ADEME, expliquent pourquoi chaque appareil dont on évite la fabrication représente un gain environnemental significatif.

Pourquoi allonger la durée de vie réduit l'impact

Puisque l'impact est concentré à la fabrication, l'allongement de la durée de vie est le levier le plus efficace. Il répartit ce coût initial sur davantage d'années d'usage, et réduit donc l'impact ramené à chaque année.

Les chiffres le confirment : allonger un ordinateur portable de trois à cinq ans évite déjà environ 37 % de ses émissions annuelles (The Shift Project), et le faire passer de cinq à huit ans réduit d'environ 69 % son impact carbone annuel (ADEME). Garder un équipement plus longtemps, ou lui donner une seconde vie par le réemploi, est ainsi le geste le plus efficace pour réduire l'empreinte d'un parc.

À l'échelle d'un parc

Ces ordres de grandeur unitaires prennent toute leur dimension rapportés à un parc. Pour une organisation gérant plusieurs centaines de postes, chaque équipement réemployé plutôt que remplacé par du neuf évite environ 156 kg de CO2e de fabrication et 127 kg de matières premières.

Agrégés, ces évitements se chiffrent en tonnes de CO2 et de matières économisées. C'est ce calcul qui alimente un bilan d'impact, livrable de plus en plus attendu, notamment par les grands comptes soumis au reporting de durabilité.

Mesurer pour réduire

On ne pilote bien que ce que l'on mesure. Estimer l'empreinte d'un parc, puis l'impact évité par le réemploi et le reconditionné, transforme un sujet diffus en indicateurs concrets : tonnes de CO2, kilos de matières, mètres cubes d'eau.

Ces indicateurs nourrissent à la fois la décision, en montrant où agir en priorité, et le reporting RSE ou de durabilité. Un bilan d'impact remis lors d'un rachat de parc fournit ces chiffres prêts à l'emploi, fondés sur les références publiques de l'ADEME.

Au-delà du carbone : matières et eau

Réduire une empreinte au seul carbone serait réducteur. La fabrication d'un équipement informatique mobilise aussi une grande quantité d'eau, de métaux et de matières rares, dont l'extraction est coûteuse et polluante.

Le réemploi agit sur l'ensemble de ces dimensions à la fois : éviter une fabrication, c'est économiser du CO2, mais aussi de l'eau et des matières premières. L'empreinte d'un équipement est multidimensionnelle, et le réemploi est l'un des rares leviers à agir sur toutes ses facettes simultanément.

Les leviers de réduction

Pour une organisation, réduire l'empreinte de son parc passe par quelques leviers concrets, hiérarchisés par efficacité :

  • Allonger la durée de vie des équipements en service.
  • Acheter du reconditionné plutôt que du neuf quand c'est possible.
  • Donner une seconde vie au matériel sortant via le réemploi et le rachat.
  • Recycler proprement ce qui ne peut plus servir, en dernier recours.

Tous ces leviers convergent vers une même logique circulaire : maximiser la durée d'usage de chaque équipement et éviter, autant que possible, de fabriquer du neuf. C'est aussi la logique du rachat, qui prolonge la vie du matériel sortant par le réemploi. La comparaison chiffrée entre reconditionné et neuf est développée dans la fiche reconditionné contre neuf : l'impact environnemental.

À retenir

Sources

  • Évaluation de l'impact environnemental du numérique en FranceADEME-Arcep, édition janvier 2025 (données 2022)
  • Base Empreinte, facteurs d'émissionADEME
  • Rapport Lean ICT, allongement de la durée de vieThe Shift Project
  • Durées de vie des équipements informatiquesAlliance Green IT

Vos questions sur l'empreinte carbone.

Faire racheter mon parc

Selon l'ADEME, le numérique représente environ 4,4 % de l'empreinte carbone nationale, soit près de 29,5 millions de tonnes de CO2e. La fabrication des équipements en constitue la part la plus importante, environ 60 %.

La fabrication d'un ordinateur portable neuf représente environ 156 kg de CO2e, mobilise près de 1,5 tonne d'eau et de nombreuses matières premières. C'est pourquoi la fabrication, et non l'usage, concentre l'essentiel de l'impact d'un équipement.

Parce que l'impact d'un équipement est concentré à sa fabrication. Allonger sa durée de vie répartit ce coût initial sur plus d'années d'usage : passer un PC de cinq à huit ans réduit d'environ 69 % son impact carbone annuel.

Oui. Réemployer un équipement évite de fabriquer un appareil neuf, et donc l'essentiel de son empreinte. Un PC reconditionné permet d'éviter environ 127 kg de matières premières par rapport à un neuf, en plus des émissions de fabrication évitées.

On agrège, par équipement, les émissions de fabrication évitées et les matières premières économisées grâce au réemploi. À l'échelle d'un parc de plusieurs centaines de postes, cela se chiffre en tonnes de CO2 et de matières évitées, documentables dans un bilan d'impact.

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